
Deux buts, deux mi-temps, deux moitiés de match et deux visages pour un Bordeaux New Look qui empoche finalement trois précieux points.
Mais au-delà d’une entame réussie (une fois n’est pas coutume), le scénario du film aurait pu connaître une autre fin… moins heureuse pour les Girondins.
Que retenir alors de ce Bordeaux-VA ?
L’audace payante de Gillot…
Handicapé par les absences de Diabaté (CAN) et de Gouffran (blessé), le coach aquitain choisit d’aligner en attaque… deux milieux offensifs !
Jussiê et Maurice-Belay promus en première ligne… Bellion et surtout Modeste peuvent commencer à envoyer des CV !
Mais la surprise ne s’arrête pas là. La défense a également droit à un sérieux lifting !
Renforcée en son axe par trois défenseurs centraux (Planus, Henrique, Ciani), elle fait la part belle au lutin dévoreur de couloir gauche Trémoulinas … et place symétriquement la recrue Mariano dans un schéma à la brésilienne qu’il connait bien : Défense à cinq… et permis de monter pour les latéraux !
Une compo inhabituelle, complétée au milieu par le trio Sertic-Plasil-N’Guemo.
Mais où est donc l’audace dans une formation sans attaquant et alignant cinq défenseurs, me direz-vous ?
La réponse en 13 minutes chrono : Centre de Trémoulinas, but de Jussiê (1-0, 7ème). Montée énergique et passe décidée (et décisive) de Mariano, but de Maurice-Belay (2-0, 13ème).
Aucun véritable attaquant mais les latéraux ont des ailes… et les milieux scorent !
Meilleur début de match girondin de la saison, CQFD…
Le gros coup de mou…
Sauf que c’était quand même un peu trop beau pour durer !
Un Bordeaux conquérant, vif et efficace, c’est nouveau et agréable… mais apparemment encore bien éphémère.
La sortie de Jussiê remplacé par Bellion change en effet totalement la donne.
Et la pause est fatale aux aquitains, bousculés dès la reprise par des nordistes revanchards.
Le bateau prend l’eau de toutes parts et, sur un corner de Cohade, Kadir ramène Valenciennes dans le match (2-1, 54ème).
Dès lors VA va pilonner la cage bordelaise et chauffer les gants d’un immense Carrasso, habillé comme d’hab du costume du sauveur.
Et il ne faillira pas, assurant à lui seul la victoire bordelaise.
Eternels mercis...
La poisse valenciennoise…
Et merci aussi Monsieur Bien... dont l’arbitrage ne laissa rien passer aux Nordistes.
Jugez plutôt : deux buts refusés (un pour un hors-jeu justifié et un pour faute sur le gardien), un pénalty non sifflé (juste avant le but refusé pour faute), et un deuxième jaune sévère qui renvoie Isimat-Mirin au vestiaire… et laisse les Blancs à dix.
La malchance arbitrale semble cette fois bien avoir quitté la Gironde… désolée Vafc qu’elle débarque chez vous !
Entre fragilité et promesses…
Alors au lendemain de cette drôle de victoire, comment juger la perf d’un Bordeaux version Jekyll & Hyde… et évaluer l’avenir girondin ?
La formation aquitaine en net progrès reste tout de même d’une préoccupante fragilité, comme en témoigne sa deuxième mi-temps catastrophe.
Mais la volonté affichée ces derniers temps permet à l’équipe de résister aux tempêtes, et de gagner des rencontres qu’elle aurait sans nul doute perdues il y a quelques mois.
Et les arrivées conjuguées de Mariano -auteur d’un très bon premier match- et de Ludo Obraniak augurent du rééquilibrage nécessaire d’un navire qui penchait nettement à gauche.
Si tout n’est pas encore parfait (loin s’en faut !), l’espoir semble donc bien de mise et l’optimisme de rigueur.
C’est pourquoi, pour la première fois depuis deux ans, je vois aujourd’hui le verre de Bordeaux à moitié plein…
























Si VA plonge à l'extérieur, ce Bordeaux là, version Gillot est un bon cru vraisemblablement ! Dommage que le réveil ait été aussi tardif, car vous avez probablement plus rien à jouer dans ce championnat...si ce n'est le rôle d'arbitre pour le haut, comme pour le bas de tableau.